Plusieurs femmes ont marqué l’Histoire du Québec, mais malheureusement certaines d’entre elles sont tombées dans l’oubli. Voici le portrait de six femmes qui ont contribué à faire de notre province ce qu’elle est aujourd’hui. (Bien sûr, la liste aurait pu continuer sur plusieurs pages, mais nous avons décidé de restreindre le nombre à six).

Jeanne Mance 

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En 1641, alors qu’elle est âgée de 35 ans, Jean Mance quitte la France pour se diriger vers la Nouvelle-France. En 1642, elle accède avec Paul de Chomedey de Maisonneuve à l’île de Montréal. Au même titre que celui-ci, elle est désormais considérée comme l’une des fondatrices de Montréal en plus d’avoir fondé l’Hôtel-Dieu de Montréal, premier hôpital à Montréal et deuxième de la Nouvelle-France. Trop souvent oubliée, cette femme unique a contribué à faire de la plus grande métropole du Québec ce qu’elle est aujourd’hui.  

Irma Levasseur

Photo : Archives de l’hôpital de l’Enfant-Jésus

Première femme médecin québécoise et cofondatrice du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, Irma Levasseur a malheureusement été reléguée aux oubliettes. Internée injustement à l’hôpital Saint-Michel-Archange où sont traitées les personnes atteintes de maladies mentales pendant près d’un an, elle passe le reste de sa vie en retrait. Responsable d’avoir soigné des milliers de personnes malades, elle s’éteint seule et dans la pauvreté à l’âge de 87 ans.

Marie-Claire Kirkland-Casgrain

Photo : Twitter

Originaire de Palmer au Massachusetts, elle devient rapidement une Québécoise dans l’âme. Parmi ses exploits, elle a été la première femme députée de l’Assemblée législative du Québec et la première femme membre du Conseil des ministres. Avocate, femme politique, puis juge québécoise, elle a occupé plusieurs fonctions lui permettant de faire avancer la cause de la femme au Québec. Elle est d’ailleurs responsable d’avoir mis fin à l’incapacité juridique des femmes mariées. Elle s’éteint à l’âge de 91 ans puis devient la première femme à obtenir des funérailles nationales. 

Thérèse Casgrain

Photo : Bibliothèque et archives nationales du Québec / Gabriel Desmarais

Première femme élue à la tête d’un parti politique au Canada, on se souvient de Thérèse Casgrain comme étant une pionnière dans la lutte pour le suffrage féminin au Québec. De 1928 à 1942, elle dirige la Ligue des droits de la femme qui est en partie responsable de l’obtention du droit de vote pour les femmes en 1940. À travers sa longue carrière politique, elle n’a jamais cessé de se battre contre les injustices sociales, économiques et politiques. 

Madeleine Parent 

Photo : Aziz George Nakash / Fondation Léa-Roback

Née en 1918, Madeleine Parent devient rapidement une des syndicalistes les plus fonceuses du Québec. Âgée de seulement 24 ans, elle dirige le mouvement de syndicalisation des usines de Valleyfield et de Montréal de Dominion Textile. Sous le gouvernement de Maurice Duplessis, elle est accusée d’être une dangereuse communiste et est condamnée pour conspiration séditieuse. Emprisonnée pendant plusieurs années, elle est forcée de s’exiler du Québec. Elle fonde avec son mari le Syndicat canadien des travailleurs du textile et de la chimie ainsi que la Confédération des syndicats canadiens. Elle continue de militer pour le reste de sa vie puis s’éteint en 2012. 

Léa Roback

Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive de Montréal

Née en 1903, Léa Roback réussit 34 ans plus tard à syndiquer 5 000 ouvrières de la robe suite à une grève féminine d’une ampleur jamais vue à Montréal. Cinq ans plus tard, elle réussit à syndiquer 4 000 employés sans avoir recours à la grève. Pacifiste et battante, elle n’a jamais cessé de militer au cours de sa vie pour plusieurs causes et de manifester contre entre autres la guerre du Vietnam et l’injustice sociale.