Je terminais mon dernier article intitulé « Trouve ton unicité », paru sur ce blogue en juillet, comme suit : « Qu’est-ce qui intrigue suffisamment vos clients afin qu’ils aient envie de raconter votre histoire aux autres? »

À ça, je répondrai : « Le statut social »!

Et c’est une des raisons pour lesquelles l’histoire du mélangeur électrique se répandit comme une traînée de poudre. Non seulement le web a eu l’effet escompté, mais le bouche à oreille fut très efficace! Quand matante Chantale ou cousine Priscilla verront la vidéo de Blendtech, rapidement, elles s’empresseront d’en faire part à leurs amies cuisinières les soirs de cours de cuisine ou tout simplement lors d’un souper au restaurant entre amis. (*Réf. : article précédent « Trouve ton unicité »).

Pourquoi en parleront-elles?

Nous sommes tous interpelés par l’image que nous dégageons. Nous préférons paraître intelligents plutôt que niais ou fortunés plutôt que pauvres. Il en va également des vêtements qu’on choisit de porter et des voitures que nous conduisons.

Où se trouve le lien entre l’entreprise et le bouche à oreille, me direz-vous?

Notre image se reflète aussi lorsque nous transmettons de l’information, que ce soit dans notre groupe d’amis, avec nos clients ou nos patrons. L’information que nous envoyons à nos relations suggère un statut social.

Par exemple, Conor travaille au centre-ville et chevauche sa bicyclette pour s’y rendre tous les jours. Il évite les rues passantes et opte pour les ruelles. Ce matin, il voit une affiche annonçant l’ouverture imminente d’un café écoresponsable/équitable sur l’une des ruelles près du bureau. Sur la pancarte, on peut lire : « CHUTTTT! Secret de Polichinelle. Passez nous dire Coucou lors de l’ouverture, la maison vous offrira le café de votre choix! »

Conor, à son arrivée au bureau, va rejoindre ses collègues à la machine à café. Il annonce en grande pompe l’ouverture du petit café. (Cette information est plutôt inédite si l’on se rappelle l’emplacement du café, dans une ruelle de quartier. Comme peu de gens sont susceptibles de le voir vu sa localisation, Conor apprendra une information à ses collègues). Il leur apprendra aussi que le café sera gratuit la journée de l’ouverture. (On sait tous qu’un secret ne reste pas secret très longtemps…). En racontant cette petite histoire bidon et sans grande envergure, Conor se positionnera possiblement comme étant sportif (vélo), soucieux de l’environnement, écoresponsable et ayant une conscience équitable. En plus de faire la publicité pour ce café auquel il n’a toujours pas goûté!

Si l’on revient à nos principes de base, le statut social a incité Conor à partager de l’information.

S’il informe ses relations sur un sujet que personne ne connaît, ils seront sans doute étonnés. Étonnés par ses connaissances. Étonnés par la nature de l’information apportée, si elle se veut intéressante. (Dans ce cas précis, ce sont tous des buveurs de café. Rappelons-nous que l’information a été transmise près de la machine à café).

Si la tendance se maintient, les collègues de Conor iront également partager l’information à un différent groupe de collègues. Certains partageront parce qu’il s’agit d’un café équitable, parce qu’ils sont soucieux de démontrer leur soutien envers cette démarche. D’autres le feront pour impressionner, tandis que d’autres partageront cette même information à des personnes ayant des valeurs écologiques dans le but de se faire accepter par ces gens. Toutes ces raisons sont générées par le statut social. Rien de mieux pour ce petit café de quartier! N’oubliez pas que toute cette histoire part de l’affiche annonçant l’ouverture imminente du café.

Tellement de raisons peuvent inciter au bouche à oreille. Pour ça, les entreprises ont besoin de construire des messages suffisamment intéressants afin que les gens se sentent fiers de partager.

Rappelez-vous! En partageant l’information, les gens vivent un sentiment de fierté, un petit « feeling » qui les rend uniques ou comme étant dans le secret des dieux – ils sont cools de connaître ça!

Les gens partagent des informations qui les feront bien paraître aux yeux des autres. C’est ça le statut social.

 

*Source/Références : Contagious –Why things catch on. Jonah Berger.