Terre-Neuve est l’un des plus beaux endroits que je connaisse. Au fil des ans, j’ai eu le loisir de visiter la province (du moins partiellement) à quelques reprises, et chaque fois, j’en reviens ébloui. Gelé, souffrant d’un léger embonpoint, mais ébloui. Cette fois ne fait pas exception à la règle alors que j’y suis retourné pour quelques jours, le temps de mettre à l’épreuve le Ford EcoSport 2018.

Mise en contexte : le Ford EcoSport est un petit utilitaire, bâti sur la plate-forme de la Ford Fiesta, et qui est venu aux quatre coins du monde depuis 2012. Les Canadiens viennent tout juste de le découvrir, alors qu’il a fait son apparition chez les concessionnaires il y a quelques semaines, et mon séjour à Terre-Neuve coïncidait avec son lancement canadien.

The Rock (le rocher, comme on l’appelle communément) n’a rien à envier au Québec en matière de piètre qualité de route, de présence de nids-de-poule aux dimensions olympiques, et de routes de campagnes sinueuses et accidentées. C’est donc dans ce parcours que nous avons pu tester le petit VUS aux grandes prétentions.

La première version conduite, dotée du moteur 3 cylindres 1,0 Ecoboost de 123 chevaux, nous a mené avec un certain enthousiasme vers Cape Spear, le point le plus à l’est de toute l’Amérique du Nord. Premier constat : le vent est puissant et glacé à terre-Neuve, comme nous avons pu nous en rendre compte.

Second constat : le petit moteur n’est pas vraiment puissant mais d’une grande douceur, n’affiche aucune vibration et malgré les montées importantes, propose une consommation de carburant raisonnable. La boite automatique 6 rapports agit avec aisance, et la direction est correcte. 

Le lendemain, en route vers Signal Hill, l’endroit ou Marconi a émit le premier appel transatlantique, tout juste en surplomb de St-Johns. Puis petit parcours de quelques centaines de kilomètres pour se rendre jusqu’à un bateau d’excursion aux baleines, cette fois au volant d’une version Titanium (la plus équipée) et dotée du rouage intégral et du moteur 2,0 litres de 163 chevaux.

La même boite de vitesse réagit ici totalement différemment, donnant la sensation que le moteur manque de puissance. On l’entend donc rugir un peu plus, et sa consommation est nettement plus haute. J’avoue un faible pour le petit 3 cylindres.

Au terme de cette randonnée, il nous fallait l’inévitable virée en bateau pour aller voir les macareux, qui sont légions, et pour apercevoir à quelques kilomètres de la côte un des premiers icebergs de la saison qui descend doucement vers le sud.

Toute cette randonnée, le petit EcoSport l’a bien dirigée. On a apprécié sa conduite agréable, sa direction correcte et ses suspensions capables d’absorber le choc des trous un peu trop abondants. On a moins aimé le moteur 2,0 litres qui semble moins efficace, l’espace arrière limité pour les passagers, le hayon arrière qui s’ouvre latéralement plutôt que de bas en haut, et le prix des versions les mieux outillées (jusqu’à 34 000$).

Le petit Ford EcoSport va plaire à un groupe d’amateurs à la recherche d’un petit VUS polyvalent, de petite dimension mais bien planté sur la route. Et il a les qualités pour le faire.

Et la morue?

Disons simplement que la morue est omniprésente à Terre-Neuve. Elle sur les tables en version poêlée et frite (surtout frite), on propose même des langues de morue panées (un délice que mon palais n’a pas encore appris à apprécier) et elle est au cœur d’une cérémonie qui permet de devenir citoyen honoraire de Terre-Neuve et qui ajoute un morceau de bologne, un verre de rhum fort (du screech), un dicton en vieux terreneuvien et un baiser à une morue. Mais ça, c’est une autre histoire!