Andréanne Fortin et Olivia Leclerc sont deux jeunes comédiennes qui se sont rencontrées à l’École de Théâtre de Saint-Hyacinthe. Rapidement, les deux jeunes filles ont développé une complicité telle qu’Olivia s’exprime sur le syndrome de Gilles de la Tourette, dont Andréanne est atteinte, comme si c’était le sien. Elles ont récemment lancé la chaîne YouTube Gilles pis La p’tite pour faire connaître la Tourette et faire tomber les tabous.

 

Sur cette chaîne YouTube, les deux femmes souhaitent parler de la Tourette de façon légère et humoristique. « On veut faire autant de folies qu’on explique le syndrome. Notre but ultime, c’est de briser les tabous et de donner espoir à ceux qui en sont atteints. On est au tout début du travail, mais c’est certain qu’il y aura aussi des moments plus touchants », explique Olivia Leclerc.

 

Elles souhaitent expliquer ce qu’est la Tourette et dresser un portrait réel du quotidien des personnes qui vivent avec cette condition. « Elles ne crient pas toutes des obscénités. Il y a différents types et c’est aussi ce qu’on veut expliquer aux gens », explique « La p’tite ».

 

Sur YouTube, leur humour est très complémentaire, Andréanne est plus naïve et voit la vie en rose, alors qu’Olivia est plus… cynique. Une chose est certaine, leurs capsules sauront vous divertir, tout en vous instruisant. Comme comédiennes, elles souhaitent aussi exploiter leur réseau pour faire des collaborations avec des personnalités connues, ainsi que d’autres personnes qui sont atteintes du syndrome.

 

Le coming out

 

Ce n’est qu’au début du projet de chaîne YouTube qu’Andréanne s’est mise à craindre que son syndrome l’empêche de devenir comédienne. « En m’exposant ainsi, je devrai toujours avoir à prouver que je n’ai pas de tics quand je joue », explique la jeune femme qui se sent toutefois prête à faire ses preuves et assumer sa condition. C’est d‘ailleurs au sein d’une troupe de théâtre au secondaire qu’elle a constaté l’absence de tics sur scène. C’est aussi un peu pour cette raison qu’elle a décidé de faire de sa passion un métier.

 

Si elle vit maintenant bien avec le syndrome de Gilles de la Tourette, l’accepter a été un long processus pour la jeune femme aujourd’hui âgée de 23 ans qui voyait les manifestations s’aggraver au fil des années. « Je suis née avec ça. J’ai commencé avec des tics moteurs seulement. Vers 11-12 ans, j’ai commencé à avoir des spasmes et à serrer les autres. C’est devenu plus difficile à vivre. Puis, les tics verbaux se sont développés », raconte Andréanne. « Au secondaire, je me retenais toute la journée pour ne pas faire de bruit. Chez moi, le soir, c’était l’enfer ».

 

Quand elle est entrée à l'École de Théâtre de Saint-Hyacinthe, elle a fait ce qu’elle considère aujourd’hui comme son « coming out ». Elle a décidé de voir sa condition comme une arme secrète, plutôt que comme une barrière. Ceci n’aurait pas été aussi facile sans Olivia à ses côtés. « Olivia a tellement normalisé ma situation. On veut que ce soit comme ça pour tout le monde. Que les gens se disent simplement : ah, OK, elle a juste la Tourette! »

 

D’ailleurs, Olivia ne voit plus la différence d’Andréanne et considère que chaque personne est unique à sa façon. « Elle a le syndrome de Gilles de la Tourette. Moi, je mesure quatre pieds et je parle comme un trucker », lance-t-elle à la blague. « Pour moi, la différence, c’est juste la normalité! L’important, c’est d’accepter qui on est ».

 

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