Devrait-on intervenir, ou non, auprès des enfants des autres?

Nous avons des amis à la maison avec leur 2 enfants. Nous sommes tous assis dehors près de la piscine et les enfants jouent dans l’eau. Et voilà que le petit dernier de mon amie sème la pagaille. Il s’amuse à sauter sur les autres, arrose sa grande sœur qui ne veut pas mouiller ses cheveux, court sur le deck, utilise des mots non adéquats et essait de prendre les jeux des autres.

Je ne sais pas pourquoi, aucun de ses parents ne semble s’en rendre compte. Devrais-je intervenir? Devrais-je laisser faire et me mêler de mes affaires? Comme ce ne sont pas nos enfants, il est bien normal d’hésiter. On sait très bien que plusieurs parents n’aiment pas que l’on reprenne leurs enfants. Certains se sentiront incompétents, d’autres jugés et plusieurs auront le réflexe de défendre leurs cocos. Il est certain que peu importe la façon de réagir, il faut beaucoup de tact. Notre attitude et la façon d’aborder le sujet feront toute la différence.

Il n’y a donc pas de recette magique et tout dépend de la situation. Mais voici quelques pistes de réflexion. Je crois que tout part de la relation que nous avons avec l’enfant et/ou le parent. Si je ne connais pas bien l’enfant mais que je suis proche du parent, je pourrais glisser un petit mot à celui-ci avant d’intervenir auprès de l’enfant ou tout simplement lui demander de nommer à son coco de faire ce qui est demandé. Si c’est le contraire et que vous êtes près de la famille donc que vous connaissez bien l’enfant, vous pouvez vous mettre à sa hauteur, lui nommer les règles de votre maison, peut-être lui demander de se reprendre ou de se diriger vers un autre jeu ou
d’utiliser votre sens de l’humour pour lui faire comprendre que vous aimeriez qu’il agisse autrement.

Chose certaine, si un enfant fait mal à un autre, qu’il brise des objets ou qu’il dit des choses inappropriées, vous devez intervenir pour la sécurité physique et émotionnelle des autres. Et s’il prenait tout un village pour éduquer nos enfants ? Quand un adulte intervient auprès de mes enfants, j’apprécie qu’il prenne le temps de le faire car cela appui ce que je lui enseigne et ça leur apprend à tolérer la critique, à trouver de nouvelles solutions, à s’adapter aux gens qu’ils côtoient, à déceler les limites des autres, à respecter un environnement qui n’est pas son quotidien et la résilience. En plus, quand la consigne vient de quelqu’un d’autre, l’enfant est saisi et souvent écoute davantage.

Par contre, si vous n’êtes pas d’accord avec l’intervention qui est fait, vous pouvez dire : « Je m’en occupe » ou « Merci, je prends le relais», et continuer avec votre enfant. Essayez de ne pas défaire ce que l’adulte a fait préalablement avec votre enfant. Si vous voulez reprendre ce qui vous a déplu avec l’autre parent, faites-le en privé. Vous pouvez aussi en jaser avec votre enfant, voir comment il a perçu cela, comment il s’est senti et ce qu’il pourra faire la prochaine fois. Cette discussion vous permettra de nommer à votre enfant de se fier à son intuition. Oui on doit prendre en compte ce que l’adulte nous a dit mais si en lui ceci sonne des cloches ou s’il ne
se sent pas bien dans la situation, il peut prendre du recul et en parler à quelqu’un de confiance.

Fixer les règles
Lorsque vous recevez à la maison, les règles doivent être les mêmes pour tous, même pour les
invités, ainsi cela fera plus de sens pour vos enfants. C’est donc de mise lorsque nous sommes
les visiteurs. Il est donc possible de prévoir cela! Peut-être en envoyant un petit mémo comique
par courriel ou sur le groupe «Messenger« de l’évènement pour nommer le fonctionnement
dans notre maison : chez moi quand :

- Tu dis un gros mot, tu laves la toilette
- Tu sautes sur le divan, tu fais la vaisselle
- Tu fais mal à un ami, tu passes la balayeuse
- Tu fais un dégât, tu le ramasses
- Range ton jeu quand tu as terminé, ou tu en ranges un
supplémentaire
…grâce à toi, la maison sera propre propre propre hahah
(Prends note que c’est une blague…juste pour faire passer le message. Vos amis devraient
comprendre qu’il faut nommer aux enfants de s’asseoir sur le divan, de faire attention à leur
langage, d’être’’ doux’’ avec les amis et de ranger les jouets qu’ils utilisent).
Puis, entendez-vous à l’avance avec vos proches : « Es-tu à l’aise si j’interviens quand Derek ne
se conduit pas bien? Tu pourrais faire pareil avec ma fille. Tu en penses quoi? »

Finalement, laissez la chance aux parents d’intervenir, on n’a pas tous le même degré de
patience et de tolérance. Souvent, en se rapprochant tout simplement de l’enfant qui a un
comportement incorrect, il cesse puisqu’il se sent observé. Intervenir avec bienveillance et
calme reste une solution gagnante car le risque de déplaire est minime. Que feras-tu si …ton
neveu fais la loi sur le trampoline?