Respirer par le nez ou par la bouche? Au début ou à la fin du mouvement? On se pose tellement de questions que ça en devient essoufflant! Prenons une pause, respirons un bon coup et voyons le sujet d’un peu plus près.

A priori, si on commence un nouvel entraînement, un nouveau sport ou une nouvelle activité, notre cerveau sera tellement concentré à apprendre les différents mouvements que si on y ajoute des techniques de respiration, on risque de diminuer notre niveau d’efficacité. La première chose sur laquelle on devrait porter notre attention est de tout simplement « respirer ». Une erreur fréquente chez les débutants est de bloquer la respiration. Cela diminue l’apport d’oxygène vers les muscles qui en ont davantage besoin à l’effort. Cela aura pour effet de limiter les capacités physiques, voire même fragiliser les tissus musculaires.

Une fois qu’on s’est adapté à notre nouveau sport, il peut être intéressant à ce moment-là d’y joindre une respiration adéquate. Mais quelle est cette respiration dite « adéquate »? Ma réponse sera la suivante : ça dépend quel chapeau de professionnel de la santé on porte. Chaque professionnel a sa théorie en fonction du sport avec lequel il travaille.

Personnellement, je porte deux chapeaux : celui de kinésiologue et celui d’instructeur de yoga. En tant que kinésiologue, je vais suggérer à mes clients d’expirer au moment de l’effort (mouvement concentrique) et d’inspirer au moment du relâchement (mouvement excentrique). Prenons l’exemple d’un « push-up », on va expirer en décollant la poitrine du sol, car c’est à ce moment-là qu’on ressent l’effort au maximum. Le fait d’expirer en poussant, ça permet de donner un peu plus de force pour soulever la charge du corps. Ensuite, on inspire pour laisser descendre le corps vers le sol. Cette respiration est super efficace pour nous aider à maximiser nos forces et être plus performant dans l’exercice demandé.

À l’inverse, si je porte mon chapeau d’instructeur de yoga, pour le même mouvement de « push-up » (qu’on appelle « crocodile » dans cette pratique), on va inspirer lors de la poussée et expirer en redescendant. Pourquoi? En yoga, on ne vise pas tant la performance, mais plutôt la fluidité des mouvements et l’ouverture de la cage thoracique en fonction de la respiration. L’inspiration se fera toujours au moment des positions en ouverture (ex. : lorsqu’on éloigne les mains et bras du centre du corps) et on expirera au moment des positions en fermeture (ex. : lorsqu’on rapproche les mains et bras du centre du corps). L’objectif est tout simplement différent.

Par le nez ou par la bouche?

Il y a de beaux avantages à inspirer et expirer par le nez. Ça laisse entrer et sortir une plus petite quantité d’air à la fois, ce qui nous permet de respirer plus lentement et donc d’être moins essoufflé. De plus, les poils situés à l’intérieur de nos cavités nasales permettent de filtrer et de réchauffer l’air qui entre.

Cependant, on doit aussi y aller selon notre confort. Certaines personnes ont de la difficulté à respirer par le nez, soit en raison de leur physiologie ou à cause de sécrétions nasales plus abondantes. À ce moment-là, on peut choisir ce qui nous convient le mieux et ce qui est le plus naturel pour nous.

Alors, malgré les milliers d’études et de théories qui tirent la couverture du lit, chacune de leur côté, avec une panoplie de techniques de respiration, on peut affirmer qu’ils ont tous un peu raison! Il n’en reste pas moins que pour améliorer notre qualité de respiration, on doit y aller en fonction de notre confort et de nos objectifs en faisant nos propres essais-erreurs.