Comment réagir à la crise de « bacon »?

Oh oui, vous savez de quoi je parle! Tsé quand ton enfant se laisse tomber par terre, crie, hurle, pleure, frappe le sol et se tortille dans tous les sens. 
Pourquoi fait-il cela? 

Peut-être parce qu’il est fâché, stressé, en colère, triste, etc. Il y a plusieurs causes possibles, mais c’est inévitablement une façon pour lui d’évacuer un trop-plein d’émotions. Son cerveau est encore immature, il ne maîtrise pas les réactions primaires et impulsives. Ce sont des réflexes naturels, c’est comme s’il n’y avait aucun filtre, rien n’est analysé. Il décharge tout simplement un stress accumulé. 

Que faire lorsque ça arrive?

Si la cause est un refus, par exemple, vous lui avez dit « non » pour acheter un nouveau jouet, gardez votre position. Peu importe sa réaction, vous ne devez pas céder, car si vous le faites, vous lui apprenez que ses excès de colère sont un moyen efficace d’obtenir ce qu’il veut et la crise risque d’être pire la prochaine fois.
S’il a moins de 3 ans, offrez-lui un câlin. Vous pouvez le suggérer à n’importe quel âge, mais plus vieux, ils refusent souvent de se coller lorsqu’ils sont en colère. Le câlin déclenche la sécrétion de l’ocytocine (hormone du bonheur), ça fait donc un bien fou. Mais sachez qu’il est possible d’accompagner votre enfant aussi tendrement par un regard attentif, empathique et tendre pour l’amener à se calmer.
Surtout, restez calme et rappelez-vous qu’il ne fait pas exprès. Ce n’est pas le temps d’essayer de raisonner votre coco, c’est le temps d’être présent de cœur à cœur, d’essayer de comprendre sa détresse pour l’aider à prendre soin de lui. On lui dit qu’on comprend que la situation le fâche, car c’est vrai que le jouet a l’air vraiment génial et qu’en arrivant à la maison, on pourrait peut-être l’écrire sur la liste de cadeaux de fête. Sans plus! 

Certains parents sont tentés de s’éloigner de l’enfant pour ne pas porter attention à ce comportement désagréable, mais au contraire, il a besoin de vous! Oui, on donne le moins d’attention possible dans le sens qu’on lui parle très peu et qu’on n’encourage pas cela en lui donnant ce qu’il désire, mais on reste à ses côtés ou tout près, pour lui montrer qu’on ne se fout pas de ses émotions, qu’on est là lorsqu’il a besoin de nous. Plus votre enfant sent que vous maîtrisez la situation, plus il se sent en confiance. Donc, si vous comprenez que votre enfant ne fait pas cela contre vous, mais bien parce que son cerveau n’est pas assez mature pour gérer ses émotions, vous serez plus apte à lui offrir votre soutien.
Attention de ne pas en faire trop. Votre présence calme sera suffisante pour lui faire du bien. On parle le moins possible.

Suite à la crise, faites un mini retour si nécessaire. Mais ce n’est pas le temps de lui donner des stratégies de gestion des émotions, on verra cela lorsqu’il sera disposé à entendre nos suggestions. Bouclez la boucle en tenant votre coco contre vous pour l’apaiser et le rassurer. Ces accès de colère, qu’il a de la difficulté à contrôler, le touchent également. Aidez-le à parler de ce qui s’est passé, de ce qu’il a ressenti et de la cause de sa colère. S’il ne le sait pas ou s’il ne parle pas beaucoup, faites-le pour lui. Par exemple, dites-lui : « Tu voulais ce beau jouet et maman a dit non. C’est vrai que ça peut être fâchant! Viens me faire un câlin mon amour ».
Si durant la crise votre enfant vous a frappé, rappelez-lui que ce n’est pas permis, même s’il est fâché. Toutefois, que c’est possible de frapper dans son oreiller ou sur un toutou si ça lui fait du bien.

Advenant que vous êtes mal à l’aise de cette crise, car vous êtes en public ou que malgré vos efforts la crise ne cesse pas, vous pouvez prendre votre enfant et l’amener dans un endroit plus calme pour l’aider. Sachez que tous les enfants font ce genre de crise, alors restez focalisé sur vos interventions, les « blettes » (spectateurs) trouveront toujours quelque chose à dire, peu importe ce que l’on fait.

Quelques heures plus tard ou un autre jour, lorsque votre petit est de bonne humeur, enseignez-lui à prendre soin de lui. Qu’aime-t-il faire? Quel passe-temps calme lui fait du bien? Ça peut être un dessin, des blocs Lego, courir, écouter de la musique, faire de la pâte à modeler, se faire bercer, etc. Lorsqu’il aura choisi, on lui dit que lorsqu’il vivra des émotions intenses, on lui rappellera de prendre soin de lui en lui suggérant ces moyens. Cette petite phrase « prends soin de toi » ou « il est temps de prendre soin de toi » deviendra votre code secret pour éviter les débordements. On apprend alors à notre enfant à gérer ses émotions d’une façon positive et adéquate.

Souvenez-vous que les crises sont normales et font partie de son développement. Et comme les enfants aiment par-dessus tout nous imiter, soyons un bon modèle. Êtes-vous un bon exemple lorsque vous êtes en colère ou vous devriez, vous aussi, apprendre à prendre soin de vous?