Chicanes entre frères/sœurs, comment s’en sortir?

Malheureusement, les chicanes sont inévitables. Mais si on a en tête que notre famille est le plus beau des labos, on aura l’attitude et la patience pour accompagner nos enfants lors de ces moments, question qu’à l’extérieur de la maison ils soient habiles pour faire face aux conflits qu’ils peuvent rencontrer. 

Qu’est-ce qui cause les chicanes et à quoi servent-elles?
La difficulté des enfants à partager leurs jouets et l’attention de leurs parents cause bien des chichis. Ils doivent, en plus, partager certains espaces ou pièces de la maison. 
Une cause fréquente de conflit chez les moins de 5 ans est la notion de possession : « C’est à moi », « C’est mon tour », « Je le veux ». Il est difficile, à cet âge, de comprendre la notion de partage. 
Toutefois, cela permet à nos enfants de trouver leur place et de se définir chacun comme différent de l’autre, ce qui leur permet de devenir eux-mêmes. Ils apprennent à s’affirmer de façon adéquate et à négocier. Trouver des solutions qui sont gagnantes pour tout le monde est un art à acquérir, n’est-ce pas? Je constate aussi que lorsqu’il y a un climat de stress ou de tension dans la maison, les enfants créent des chicanes, inconsciemment, pour libérer leur trop-plein.  

Comment les prévenir
Tout d’abord, on évite de comparer les enfants entre eux, que ce soit avec un de ses amis, son frère ou un cousin, car cela n’apporte que des frustrations. On risque même de coller une étiquette à notre coco sans le vouloir. À

Il faut à tout prix éviter de jouer à la police ou de faire l’arbitre, car si vous prenez ce rôle, votre enfant cherchera à venir vous voir au lieu de régler la situation par lui-même. La « victime » se fera un plaisir de venir chercher son sauveur. On évite toute dénonciation venant de l’un ou l’autre des enfants.

 Assurez-vous aussi que chacun des enfants a un moment de qualité avec chaque parent par jour (si c’est possible). Quand les enfants ont un pot d’amour bien rempli, ils ne cherchent pas à se disputer pour obtenir l’attention des parents.

Comment gérer les conflits en 6 étapes
On doit intervenir le moins possible (sauf s’il y a un enfant en détresse). Il est préférable de laisser les enfants régler leurs conflits par eux-mêmes. On ne prend surtout pas position, car dans chaque situation il est question de perception et de ressenti. 
1. Demandez-vous à qui appartient le problème? Est-ce que les règles de la maison ont été dépassées? On cherche souvent à venir à la rescousse, car on entend crier et pleurer. On surveille à distance le plus possible.
2. Nommer ce que l’on remarque (dire ce que l’on voit : les émotions perçues, les perceptions de la situation). 
3. Dire comment ça va se passer : pause pour prendre soin de soi si nécessaire chez les enfants, durée de la période de négociation, énoncer la conséquence, etc.
4. Négociation; au début, ils ont besoin qu’on s’assoit avec eux pour trouver une solution. On les laisse le plus possible diriger la conversation. 
5. Rester à distance et faire de la médiation en cas de besoin (lorsqu’ils sont capables de négocier par eux-mêmes). 
6. Demander comment ça s’est réglé et féliciter lorsque tout se déroule adéquatement.

À éviter à tout prix

Si vous trouvez des solutions pour vos cocos, que vous déterminez un coupable, que vous enquêtez sur ce qui s’est passé ou que vous décidez des conséquences, vous encouragez les comportements qu’on cherche à éviter.
Cela aura tendance à susciter la rivalité chez vos enfants et à favoriser les mensonges. Il se peut aussi que cela avantage le plus malin, que ça crée des injustices ou qu’un enfant se sente dévalorisé, en plus de nuire à leur autonomie et à leur sens de la débrouillardise (imagination). 
On ne veut pas non plus éviter toute frustration, ils expérimentent et c’est à cet âge qu’il est temps de faire ces apprentissages.  

Restez vous-même zen lors de ces conflits, ce sera plus facilitant. Continuez aussi d’être un modèle pour vos cocos. Ils imitent vos techniques de résolution de conflits. Alors, on fait gaffe à ce que l’on choisit de faire lors des disputes avec notre amoureux, nos amis et notre famille. 
Chose certaine, on ne perd pas espoir, en vieillissant vos cocos développeront une belle complicité! 
  

Mélanie Charest Coach familial